L’école : la preuve par quatre

IMG_17834 - CopieDeux et deux quatre, quatre et quatre huit, et seize et seize qu’est-ce qu’ils font ? Ils ne font rien et surtout pas trente-deux. Répétez ! dit le ministre.

Si la journée scolaire des écoliers français est trop chargée. Si leur temps de travail annuel est trop léger. Et si les modèles allemand ou anglais démontrent d’une plus grande efficacité que le modèle français. Alors, c’est qu’il faut réformer les rythmes scolaires des écoles primaires.

Tous les gouvernements successifs se sont frottés à cette périlleuse équation. Et le ministère de François Peillon n’a pas dérogé à la tradition. Commissions coûteuses, rapports d’experts… Le ministre n’a pas lésiné sur les moyens.

Et seize et seize qu’est-ce qu’ils font d’après-vous ? Ils ne font toujours rien seize et seize, et toujours pas trente-deux. De toute façon ils s’en vont.

Et huit et huit à leur tour s’en vont. Et quatre et quatre et deux et deux à leur tour fiche le camp. Et un et un ne font ni une ni deux. Un et un s’en vont également.

Pourtant les experts les plus brillants ont longuement planchés sur la question.

Quand le ministre ne cessait de crier : Quand vous aurez fini de faire le pitre !

Alors en septembre, on nous a annoncé la réduction prochaine du temps de travail journalier des enfants. Et surtout la réduction de la durée annuelle des vacances de quelques semaines.

Et puis on a interrogé tous les protagonistes du projet : professionnels du tourisme, enseignants, parents.

Ils ont tous dit non avec la tête quand ils disaient oui avec le cœur.

Ils ont  tous dit oui à ce qu’ils aiment pour finir par dire non au ministre.

Lui, il est resté debout. On l’a questionné et tous les problèmes ont été posés. Soudain il a effacé tout. Les chiffres et les mots, les dates et les noms, les phrases et les pièges, et sous les huées des conseilleurs prodiges, sur le tableau noir du conseil des ministres, il a dessiné sa réforme qui ne veut plus rien dire.

Vacances de Toussaint et de Noël rallongées. Autres vacances inchangées. Temps de travail hebdomadaire identique mais réparti sur quatre jours et demi.

Résultat : durée annuelle de travail raccourcie. Durée journalière allégée de même pas une heure. Casse-tête financier impossible pour les municipalités. Colère des enseignants. Incompréhension des parents.

Et là, les murs de la classe se sont écroulés tranquillement. Les vitres sont redevenues sable, l’encre est redevenue eau, les pupitres sont redevenus arbres, la craie est redevenue falaise. Et les enfants n’y auront rien gagné !

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