Cahuzac : Le couac côté lac

IMG_30270C’est l’histoire d’un pauvre chirurgien cardiaque qui se sentant un jour un peu patraque, est parti, du fric plein son sac, pour un bivouac au bord d’un lac, dans une région paradisiaque. Pas la peine d’en faire un micmac. Rien à voir avec une arnaque.

Pendant quatre mois, il a juré son innocence, soutenu par les plus hautes instances de l’Etat. Et tout à vrac, il a avoué.  Oui, il possédait un compte en Suisse, probablement transféré depuis à Singapour. C’est sûr, pour un ministre du Budget, chargé de traquer la fraude fiscale dans un gouvernement de moralité exemplaire, c’est moche !  Mais pour un gouvernement de moralité exemplaire, choisir de mettre le loup dans la bergerie, c’est moche aussi ! Comment demander à un homme, lui-même assujetti à l’impôt sur la grande fortune, de se flageller lui-même !

Jérôme Cahuzac a toujours aimé le beau. Collectionneur de montres de luxe, amateur de cigares, il n’a pas hésité à abandonner la chirurgie cardiaque pour ouvrir une clinique de chirurgie esthétique en 1990. L’homme de cœur se tourne vers un ailleurs. En quête de lumière au Parti socialiste, il entre dans le même temps, de 1988 à 1991, au cabinet de Claude Evin, alors ministre des Affaires Sociales. Il participe au projet de loi relatif à la solidarité et à la santé ainsi qu’à la création de la contribution sociale généralisée. Il y devient conseiller technique au médicament,  chargé de l’interface entre le ministre et la direction de la pharmacie (DPHM). C’est là où il fréquente l’industrie pharmaceutique et que lui vient l’idée de génie de créer en 1993 Cahuzac Conseil, une société de conseil toute dédiée aux laboratoires.

Hollande, Ayrault, Montebourg, Moscovici… personne ne savait que Jérôme Cahuzac  aimait l’argent, le pouvoir et le luxe…

Jérôme Cahuzac, l’homme de toutes les morales, a demandé pardon dans l’intimité de son blog. Il avoue la broutille de 600.000 euros sur ce compte maudit, qu’il raconte avoir gentiment abondé jusqu’en 2001 comme il aurait pu le faire sur un livret A. Quelques économies dont il avait si peu besoin qu’il en avait même presque oublié l’existence. Ah, qu’il doit être bon d’être un riche socialiste donneur de leçon !

En tout cas, pour Jérôme Cahuzac, la manne du pouvoir c’est fini. Ses anciens camarades du gouvernement ont tranquillement retourné leur veste… ils déplorent, ils s’étonnent, ils regrettent. Mais pas d’excuses, a annoncé leur chef de file ! La responsabilité de Jean-Marc Ayrault s’arrêtera à ces quelques mots. Non, le Premier ministre ne savait pas. Non le Premier ministre ne se sent pas responsable de ses choix ministériels. Non le Premier ministre ne fera pas d’aveu d’incompétence. Même la main dans le sac avec l’affaire Cahuzac. Ainsi ira la vie en politique… tant qu’il y aura des moutons !

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