La réforme braguette

IMG_28400

Qu’il faille se serrer la ceinture ou remonter la braguette. Garder le petit doigt sur la couture, c’est la loi en période de crise !

On n’est pas tous égaux face à la parentalité. Il y a ceux pour qui les enfants coûtent. Il y a ceux pour qui  les enfants coûtent beaucoup moins. Il y a ceux pour qui l’éducation coûte. Il y a ceux pour qui l’éducation ne coûte rien. Il y a ceux qui habitent en ville. Il y a ceux qui vivent à la campagne. Il y a ceux qui ont de la famille. Il y a ceux qui n’en ont pas…

 Et entre, il y avait les Allocations familiales dont le principe fondateur  était  d’aider toutes les familles au prorata du nombre d’enfants à charge.

Aujourd’hui, l’heure étant aux économies et à la destruction de nos principes fondamentaux, le gouvernement pense à une nouvelle dichotomie dans notre politique familiale.

Les pistes envisagées par le rapport Fragonard sont nombreuses :

D’abord, ajouter un seuil de revenus dans le calcul des droits aux allocations. Ce qui éliminerait du système environ  un quart des familles françaises.

Ensuite, réviser à la baisse le plafond du quotient familial. Ce qui engendrerait une augmentation d’impôt pour un million de familles.

 Autre idée. Supprimer la réduction d’impôt dont bénéficient deux millions de foyers (certainement pas les plus riches) pour la scolarisation de leurs enfants en collège et lycée.

Restait, la prime de naissance. Elle devrait au mieux être réduite et limitée au premier enfant, au pire purement disparaître.

En revanche un « bonus d’aide au logement » serait créé en faveur des familles les plus modestes.

« Ces réformes ne pénaliserons que les familles les plus aisées », assurent depuis toujours  les rapporteurs du projet. Mais qu’appelle-t-on « des familles aisées » ?

La réforme se précisant, nous voilà avec  un semblant de réponse. Pour une famille avec deux enfants, on parle d’un seuil de revenus de 53.000 euros. La fortune ! C’est-à-dire 4.400 euros par mois, soit 2.200 euros de salaire par parent. Une catégorie de familles tellement riches qu’on leur promet aussi la suppression des aides à la garde. Bien fait !

Sauf que calcul fait, avec les plus mais surtout les moins, on finit par se demander si ces familles sont vraiment riches.  Avec le coût de la vie, les cantines, les crèches, les gardes, les centres aérés, le matériel scolaire… Avec les impôts qui augmentent… Avec les Allocations qui diminuent et l’aide à la garde vouée à disparaître… Que reste t-il à la fin à ces familles qui payent tout et ne bénéficient de plus rien ? Sûr que pour un couple d’actifs et de surcroît mariés, le droit à l’enfant va devenir un vrai luxe. Et bien tant pis pour eux !

Qu’ils se serrent la ceinture ou qu’ils remontent la braguette et qu’ils gardent surtout le petit doigt sur la couture. C’est la crise !

 Et comme quelqu’un m’a dit : « Moins, moins, moins, c’est mieux que rien, c’est pour le bien de ton prochain, soit pas vilain ou va au coin faire ton pingouin… »

Tout ça pour dire que réformer les Allocations familiales pour cause de déficit des caisses, en plein débat sur le Mariage pour tous, il fallait oser !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s