Le petit Nicolas a des ennuis

IMG_63850Mon père, il dit que c’est la faute à ma mère. Et que si je m’étais appelé François ou Manuel je n’aurais jamais pris deux mois ferme. Car, comme dirait tante Mathilde : «  je n’ai tué personne ! ».

Tout a commencé avec cette histoire de mariage pour tous. L’idée de couples unisexes qui auraient des bébés-éprouvette, ça m’a vraiment mis en colère. Moi, je trouve ça plutôt chouette d’avoir un père et une mère. Et aussi une mémé, comme la mienne, qui donne toujours des cadeaux et des bonbons. Et puis moi j’ai rien contre les filles. Il y en a des supers. Comme Louisette qui tape si bien dans un ballon qu’elle mérite bien qu’un jour on l’appelle maman.

C’est pour ça qu’on est allé dimanche soir devant M6 avec les copains. On voulait juste manifester au président notre mécontentement. Notre maîtresse nous rabâche toujours qu’en France on a la chance de vivre en démocratie. Et papa dit souvent que les Français font toujours la grève.

Alors nous, on a cru qu’on avait aussi le droit d’aller voir le président. On savait bien comment se tenir puisqu’on a déjà reçu un ministre à l’école ! Même que Melle Vanderblergue nous avait fait apprendre La Marseillaise.

Sauf que là, le président on ne l’a pas vu. Et on était tellement déçu qu’on a, c’est vrai, un peu traîné dans le XVIe. C’est là que je me suis fait embarquer par des policiers. J’avais beau me dire « c’est comme tes  surveillants : Le Bouillon et Mouchabière », j’avais tout de même les chocottes. Parce que j’avais beau faire le guignol, ils n’avaient pas l’air de vouloir rire.

Au poste, ils m’ont demandé mon identité. Et quand je leur ai dit « Nicolas », j’ai bien senti que ça se gâtait. Ils ont voulu prendre mon emprunte ADN.  Mon ADN perso ! Pour faire peut-être en douce de futurs bébés-éprouvette ?  Bien sûr, j’ai refusé.  Non, m’ont-ils répondu, « c’est pour le fichier des délinquants ». Délinquant, dangereux délinquant !… Moi, un simple citoyen en colère… Ni casseur, ni dealer, ni violeur ! Et là je crois qu’ils m’ont cru. Sinon,  il parait qu’ils m’auraient relâché tout de suite avec au pire un peu de sursis.

En tout cas, après, tout est allé très vite. Au tribunal, on me vouvoyait, comme la maîtresse quand elle est très en colère. Ce n’était déjà pas bon signe. On me disait « debout », « assis »,  comme quand le directeur vient dans la classe pour régler un gros problème. Sauf que quand le directeur nous promet le bagne, c’est toujours pour de faux. Mais là, ce n’était pas pour rire. Ils m’ont dit « 4 mois de prison dont deux ferme, assortis d’un mandat de dépôt. Pour manifestation non autorisée et rébellion ». Et vlan ! Je me suis retrouvé dans une prison plus moche que le placard à balai.

 « La France, un pays de liberté » qu’elle disait la maîtresse. Mon œil ! Et la gauche, qu’est-ce qu’elle en disait déjà ? J’ai bien fait de pas écouter son cours ce jour. Que des balivernes !

Résultat, Ma mère pleure en venant m’apporter les oranges offertes par M. Compani, notre épicier. Mon père peste. Et mes copains se préparent à la guerre contre l’oligarchie. Je ne sais pas ce que ça veux dire. Sans doute que quelqu’un leur aura soufflé.

Mais ce qui me rend le plus triste dans tout ça, c’est que je n’ai même pas pu parler de Louisette au président. Parce que moi, Louisette, je la trouve si jolie que je ne veux pas qu’elle devienne un « parent référent » si un jour on se marie. C’est trop moche !

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