J’ai 7 ans… laissez-moi grandir

photo (2)La réforme des rythmes scolaires est un faux problème. Tant que le gouvernement ne saura pas ce qu’il cherche. Tant qu’il n’admettra pas que l’addition des intérêts qui s’opposent est impossible … Alors, il n’obtiendra aucun résultat.

C’est historique. Les rythmes scolaires ont toujours fluctués en fonction de données socio-économiques. Ils sont donc souvent inversement proportionnels aux beaux discours sur le bien-être des enfants et la réussite scolaire. Pourtant à l’énoncé, on entend toujours que c’est le résultat recherché ! Mais en posant un mensonge à la place d’une vérité, quelque soit le raisonnement, on finit toujours dans l’erreur. Et ça c’est mathématique.

Depuis  Jules Ferry, c’est la raison économique qui décide des rythmes scolaires. Premières vacances, fixées sur le calendrier des récoltes, quand le pays était majoritairement agricole. Premières rallonges de congés, quand le pays, au lendemain de la guerre, avait besoin de petites mains pour se reconstruire. Plus tard, avec les congés payés et la hausse du niveau de vie, c’est au ministre du Tourisme qu’est offert le remaniement des rythmes scolaires pour favoriser les escapades de week-end, les séjours balnéaires puis les vacances aux sports d’hiver. On découpe même le pays en zone pour réguler la circulation routière et optimiser la saison touristique.

Jusque là tout était simple car l’intérêt des uns allait dans le sens des autres.  Même quand les enseignants revendiquaient une réévaluation de salaire, il suffisait de leur donner quelques semaines de congés supplémentaires.

Mais depuis les années 80, le problème est devenu plus complexe. Parce que les données ont changées. Parce que les intervenants au débat se sont démultipliés. Parce que les aspirations des uns ne correspondent plus aux attentes des autres. Et parce qu’aucun gouvernement n’a le courage de trancher franchement dans un sens ou dans un autre.

Au comité de pilotage de la conférence nationale sur les rythmes scolaires, ne président que des experts de l’éducation, des scientifiques et des représentants du secteur tourisme et culture. Des gens bien pensant, sensibles à l’économie du tourisme, au développement du monde de la culture et, grande nouveauté, au bien-être de l’enfant et à sa réussite scolaire. Une nouvelle donne, initiée par des pédiatres, chronobiologistes et autres spécialistes des sciences de l’éducation.

Et la problématique qu’ils ont tenté de résoudre était  que la journée des écoliers était trop longue dans une année scolaire des plus courtes des pays de l’OCDE. Mais comme le tourisme se refuse à une diminution des vacances et que la culture veut s’inviter dans les écoles, il ne restait pour le profit des enfants que la solution  d’alléger les journées en repositionnant des cours le mercredi matin.

C’est scientifiquement prouvé. Un enfant est moins fatigué quand son biorythme est régulier. Mieux vaut donc se coucher plus tôt le soir et se lever le matin à heure régulière.

Et c’est mathématiquement démontré. Dans un contexte favorable, plus un enfant travaille, plus il apprend et plus il connait le succès.

Sauf que les oubliés du débats, enseignants, parents d’élèves et maires ne sont pas tout à fait d’accord. Le mercredi chômé n’était pas pour déplaire au biorythme des maîtres. Côté parents, de plus en plus nombreux à travailler, de moins en moins enclin à s’investir dans l’éducation de leur progéniture,  mais de plus en plus avides de suractivités pour leurs chérubins et de résultats scolaires, la question est de savoir que faire de leurs enfants après l’école sans s’ajouter de contraintes logistiques et financières. Des contraintes renvoyées aux conseils municipaux de communes qui n’ont pas toujours les moyens de les assumer. Quand le refus n’est pas purement politique.

Résultat, le débat sur les rythmes scolaires finit par nous faire perdre notre latin.

Et au final peu de choses vont changer. Les vacances seront toujours trop longues et les semaines trop chargées. Les enfants continueront à se coucher trop tard et à se lever fatigués. Ils continueront aussi à traîner à l’école jusqu’à six heures ou à regarder seuls la télé. Exigences socio-économique obliges, ils devront continuer à s’adapter.

Quand à la pression sur leur réussite scolaire, que les enfants soient soulagés. Ils ne feront pas plus de maths, d’histoire et de français, mais de nouvelles activités coûteuses et hautement culturelles comme le macramé et la fabrication de bougies parfumées. Sûr que cela va les aider.

 

 

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