Sexisme : la loi du silence


Mesdames ne criez pas trop fort. Ces messieurs, trop attachés à jouir d’une complaisance sociétale, lovés dans une position des plus confortables, n’ont aucune envie d’être dérangés.

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C’est en 1791 qu’Olympe de Gouges dénonce pour la première fois en France la discrimination sexiste et écrit la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne en s’inspirant de celle dédiée aux Hommes. Ce texte est, évidemment, immédiatement rejeté.

Et deux siècles plus tard la société continue toujours à s’en foutre.

Bien sûr, il y a eu quelques avancées. Mais à bien y regarder, seulement des avancées pour mieux sauter.

Le droit à l’IVG, oui… Mais il libère aussi la bonne conscience des hommes.

Le droit à l’éducation, oui… Mais à condition que la femme continue à assumer son rôle au foyer.

Le droit à une vie professionnelle, oui… Mais seulement si les femmes se cantonnent à des postes subalternes et si possible sous-payés.

Du coup, plus les femmes tirent sur la corde pour faire valoir leurs droits, et plus les hommes se déchargent sans pudeur de leurs responsabilités les plus fades et améliorent ainsi leur quotidien.

Si ces dames veulent tout faire, pourquoi les en priver !

Mais que le sexe fort reste fort et que l’autre reste beau et se taise.

Il ne faudrait pas trop tirer sur l’élastique.

Du coup, aujourd’hui encore le sexisme, discriminant, harcelant, violant, continue à souiller tous les organes de la société comme une maladie perverse dont on ne saurait se protéger que par l’omerta. Cette loi du silence pour laquelle aucun groupe politique n’ose décemment dégainer le 49/3 sous peine de devoir exhiber ses propres tricards.

Des rapports scandaleux, il y en a eu beaucoup. Exposés en public, au-delà de la honte, par des victimes couillues. Des secrets d’alcôve impliquant même des coqs de la politique. Des hommes qui parlent beau pour porter haut et fort ces valeurs, chères à la France, du droit, de l’égalité et de la dignité humaine. Drapés dans la certitude qu’ils jouiraient toujours d’impunité quoiqu’ils fassent, certains s’horrifient de devoir soudain ressortir à poil, le ventre à terre, des chambres de l’Etat bourrées de bons pères de famille.

Et oui Messieurs, les temps changent enfin !

Il faut donc continuer à balayer l’imaginaire collectif, à dépoussiérer les moeurs, à ranger les bigoudis et à dénoncer le sexisme.

Car en la matière, Mesdames, vous n’avez en réalité acquis aucun droit. Si ce n’est celui de payer votre addition au restaurant, de travailler plus pour gagner moins, d’élever seule vos enfants, de courir après vos pensions alimentaires, d’être prioritaires à la précarité, d’être exonérées de toute galanterie… et de dépendre d’un ministère dont la curiosité est de défendre tout à la fois la famille, les enfants et les femmes.

Alors Mesdames n’arrêtez surtout pas de crier, même si ces Messieurs vous disent que ça les dérange.
Et s’ils se gaussent entre-eux de ces femmes qui « ont de la conversation ». Que ces Messieurs apprennent que loi ou pas loi, la société va devoir changer. Et qu’il leur faudra bien finir par accepter que parler de la discrimination sexiste sans hypocrisie ni tabou… ce n’est pas discuter du sexe des anges.

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2 réflexions sur “ Sexisme : la loi du silence ”

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